Je n'ai jamais été investi chez 7Harvests avec mes propres fonds. En raison du profil de risque actuel de la plateforme, je déconseille d'investir. Cet article n'est donc délibérément pas promu au moyen de liens d'affiliation.
Qu’est-ce que 7Harvests ?
7Harvests est une plateforme suisse de P2P basée à Zoug, qui est entrée en fonctionnement régulier en 2026. Elle promeut une offre de prêts à la consommation, aux PME et immobiliers, avec des durées d’environ 6 à 60 mois.
En réalité, l’accent a jusqu’à présent été mis uniquement sur les prêts aux entreprises accordés à des sociétés individuelles. Les prêteurs classiques, qui agissent comme des partenaires indépendants dotés de leur propre bilan et apportent leurs propres portefeuilles de prêts à une place de marché, n’existent pas chez 7Harvests.
La plateforme est exploitée par 7 Harvests AG, enregistrée à Zoug sous le numéro CHE-356.409.118. La société figure au registre du commerce depuis avril 2024, mais a opéré sous un autre nom jusqu’en mars 2026 et n’a commencé à exploiter la plateforme qu’en 2026.
Fiche 7Harvests
Toutes les données et informations clés sur 7Harvests résumées de façon compacte.
| Fondée / Lancée : | Avril 2024 / Mai 2026 |
| Nom Juridique : | 7 Harvests AG |
| Siège Social : | Zoug, Suisse |
| Régulée : | Non |
| Fondateur et Président : | Ričardas Vandzinskas |
| Actifs sous Gestion : | Non Disponible |
| Nombre d’Investisseurs : | Non Disponible |
| Rendement Attendu : | 15% |
| Score de Sécurité : | 0,1 / 10 (Rang 29 sur 29) | Voir la Méthodologie |
| Type de Prêt Principal : | Prêts aux Entreprises |
Modèle Commercial et Propriété
7Harvests fonctionne selon un modèle de cession de créances : 7 Harvests AG conclut le contrat de prêt directement avec l’entreprise concernée, puis cède la créance qui en résulte aux investisseurs. Cela distingue structurellement 7Harvests des places de marché telles que PeerBerry ou Mintos, où plusieurs prêteurs indépendants proposent leurs portefeuilles.
Cela a deux conséquences pour les investisseurs. D’une part, il n’existe aucune diversification entre plusieurs prêteurs, mais uniquement une sélection prêt par prêt, dans laquelle la diligence raisonnable de la plateforme elle-même devient le facteur déterminant. D’autre part, cela crée une contradiction dans la garantie de rachat promue, qui est abordée plus bas.
Le fondateur et président de 7 Harvests AG est le Lituanien Ričardas Vandzinskas. Il a débuté sa carrière comme auditeur chez PWC, puis a travaillé principalement dans le domaine financier au sein d’entreprises de logistique et d’audit. En mai 2020, il a été engagé comme directeur financier du groupe Aventus et a été libéré de nouveau après environ deux mois, avant la fin de sa période d’essai.
Il a ensuite été cofondateur et PDG de la plateforme P2P Hive5, dont il détenait 35 % des parts via la société holding lituanienne Hive Finance. Ses parts ont été vendues au groupe Ruptela en 2025, après quoi il a entièrement quitté l’entreprise. De plus amples informations à ce sujet dans la section « Avertissements de Risque Actuels ».
Kurt Schöllhorn est mentionné comme membre indépendant du conseil. La répartition exacte de l’actionnariat au sein de 7 Harvests AG n’est pas rendue publique.
Investir sur 7Harvests
Sur la plateforme 7Harvests, les investisseurs achètent des créances issues de prêts aux entreprises. Selon la plateforme, les durées s’échelonnent entre 6 et 60 mois, les intérêts étant en règle générale versés mensuellement. Outre la sélection manuelle, une fonctionnalité Auto Invest est disponible. Un marché secondaire est mentionné dans les conditions générales, mais n’est pas encore établi sur la plateforme.
Ce qui frappe, c’est une divergence entre le site web et les conditions juridiquement contraignantes. Le site web affiche un montant minimum d’investissement de 50 € et des rendements à partir de 15 %. Les Conditions Générales, en revanche, indiquent un minimum de 500 € et plafonnent le taux d’intérêt à 12 % maximum.
Ces mêmes conditions générales s’adressent en outre « exclusivement aux utilisateurs ayant leur résidence ou leur siège social en Suisse ». Les investisseurs situés hors de Suisse doivent confirmer qu’ils ont découvert la plateforme par eux-mêmes et qu’ils ont initié eux-mêmes le premier contact.
La garantie de rachat mérite également une explication. Les conditions générales la définissent comme l’obligation du prêteur (« loan originator ») de racheter intégralement la créance après plus de 60 jours de retard de paiement. Or, dans le modèle commercial de 7Harvests, cet intermédiaire n’existe pas, car 7 Harvests AG est elle-même le prêteur. La promesse ne s’adresse donc pas à une tierce partie dotée de son propre bilan, mais retombe sur le bilan de la plateforme elle-même.
En outre, 7Harvests promeut une couche de protection au niveau de la plateforme, financée par une réserve de liquidité d’au moins 10 % de la valeur du portefeuille. Aucune preuve de la dotation en capital réelle de cette réserve n’a été rendue publique.
La garantie est structurée prêt par prêt. Pour le premier prêt présenté publiquement, une brasserie artisanale lituanienne d’un volume de 250 000 €, la première tranche est garantie uniquement par des cautions personnelles des fondateurs. Les sûretés sur le terrain, les bâtiments et les installations ne sont censées être ajoutées que dans une tranche ultérieure. Les investisseurs doivent donc évaluer la garantie prêt par prêt et ne pas présumer d’une sûreté réelle continue.
Risques de 7Harvests
Le risque chez 7Harvests ne peut pas être évalué à l’aide d’indicateurs de performance, car ces indicateurs n’existent pas encore. Ce qui peut être évalué en revanche, c’est la structure et les personnes impliquées. Les sections suivantes décomposent ce tableau en Risque de la Plateforme et Avertissements de Risque Actuels.
Risque de la Plateforme
Red Flags -17
7Harvests est exploitée par la société suisse 7 Harvests AG, dont le siège est à Zoug. La plateforme n’est opérationnelle que depuis mai 2026, son historique est donc assez court. Aucune page de statistiques présentant des informations sur les actifs totaux gérés des investisseurs, le nombre d’investisseurs ou la performance du portefeuille de prêts n’a encore été publiée.
La plateforme ne dispose d’aucune licence au titre du Règlement Européen sur le Financement Participatif (ECSPR), d’aucun agrément MiFID II et d’aucune autre autorisation d’une autorité financière européenne. Par conséquent, 7Harvests n’est soumise à aucune supervision continue, à aucune exigence de fonds propres et à aucune obligation de conformité envers une autorité. Il n’existe donc pas non plus de système d’indemnisation des investisseurs.
Malgré cela, sur sa page d’accueil, 7Harvests affiche de manière bien visible des termes tels que « Swiss regulated », « Swiss regulatory principles » ou « Swiss-grade protection », alignés sur les standards d’une organisation suisse d’autorégulation (SRO). Dans la section FAQ ainsi que dans le pied de page du site, cette affirmation est nettement nuancée : Il y est question d’une adhésion à la VQF qui n’est encore qu’une demande en cours.
Les propres conditions générales de la plateforme contredisent même cela. Il y est indiqué que 7Harvests est déjà soumise à la supervision de la VQF. La page d’accueil et les conditions contractuelles affirment ainsi, de manière concordante, un statut réglementaire existant, tandis que la FAQ et le pied de page décrivent l’adhésion comme une simple demande. La précision nuançante se trouve donc précisément aux endroits que les investisseurs consultent le moins souvent. L’analyste indépendant P2P Empire a lui aussi souligné cette contradiction.
À cela s’ajoute que même une adhésion à la VQF déjà accordée ne couvrirait que le respect des obligations de diligence au titre de la loi sur le blanchiment d’argent (AMLA), mais ni la stabilité du marché financier ni la protection des investisseurs.
Le Siège Suisse, un Contournement Réglementaire ?
Une question centrale est de savoir pourquoi une plateforme avec un fondateur lituanien et des emprunteurs lituaniens, sans lien apparent avec le marché suisse, choisirait un siège social à Zoug.
La réponse est simple. La Suisse n’est pas un État membre de l’UE, raison pour laquelle 7Harvests n’est pas soumise au Règlement Européen sur le Financement Participatif. Ce règlement oblige les plateformes à respecter des exigences de fonds propres, à se soumettre à la supervision continue d’une autorité financière nationale, à fournir des fiches d’informations clés sur l’investissement standardisées et à réaliser un test d’adéquation pour les investisseurs inexpérimentés. Au lieu d’une véritable licence, la Suisse n’exige que l’adhésion à une organisation d’autorégulation couvrant exclusivement les questions de blanchiment d’argent.
Ce même schéma est déjà documenté dans mon avis Maclear : Une AG suisse dont les actionnaires, les projets et la gestion opérationnelle se situent tous en dehors de la Suisse, avec une adhésion à une SRO servant de paravent réglementaire.
L’impression est renforcée par la clause des conditions générales mentionnée plus haut, selon laquelle les investisseurs situés hors de Suisse doivent confirmer qu’ils ont initié eux-mêmes le premier contact. Cette « reverse solicitation » est un dispositif bien connu, utilisé pour nier formellement tout marketing actif sur les marchés de l’UE, alors que le site web en anglais et la promotion via des canaux P2P internationaux ciblent en pratique précisément ce public.
Pour les investisseurs de l’UE, cela représente un double affaiblissement : Ils investissent sans la protection de l’ECSPR et s’appuient sur un ensemble de conditions qui, formellement, ne les envisage même pas comme public cible.
Ségrégation des Fonds et Protection des Dépôts
7Harvests indique que les fonds des investisseurs sont détenus sur un compte séparé du compte opérationnel de l’entreprise. Aucune confirmation indépendante de cette affirmation, par exemple par un prestataire de paiement désigné ou des IBAN individuels, n’a été rendue publique.
Plus important encore, les investissements proposés via 7Harvests ne sont pas non plus protégés par un quelconque système de garantie des dépôts national ou européen. Les investisseurs doivent donc être conscients que le capital investi est soumis à un risque réel de perte, que les rendements ne sont pas garantis et qu’il peut ne pas être possible de récupérer la totalité du montant investi.
Avertissements de Risque Actuels
Dans le cas d’une plateforme sans historique propre, le parcours des personnes impliquées est l’indicateur le plus fiable disponible. Ričardas Vandzinskas, fondateur et président de 7Harvests, était auparavant cofondateur et PDG de Hive5. Sous sa direction opérationnelle, les points suivants sont documentés dans mon avis Hive5.
Déclarations trompeuses sur la rentabilité : En tant que PDG, il a publiquement déclaré que le groupe Hive Finance était déjà rentable au niveau du holding. Le rapport annuel consolidé de 2022, en revanche, faisait état d’une perte de 755 000 €.
Avis achetés : Hive5 créditait les investisseurs de 25 € pour la publication d’un avis (positif) sur Trustpilot (source). Au 31 janvier 2024, 208 des 234 avis (89 %) avaient été créés au cours des 30 jours précédents.
Actions en justice contre la couverture critique : Après la publication de mon article critique, Hive5 a engagé des poursuites judiciaires contre ce blog (voir document). Deux vidéos YouTube ont été signalées et, par la suite, retirées.
Sur le plan juridique, 7Harvests est une société entièrement distincte. Aucun des faits décrits n’implique donc directement la nouvelle plateforme. Vandzinskas a en outre entièrement quitté la structure Hive Finance depuis 2025.
Il existe néanmoins des parallèles pertinents et frappants. Chez Hive5, l’affirmation publique de rentabilité contredisait le rapport audité. Chez 7Harvests, la publicité « Swiss regulated » contredit la FAQ et les conditions générales de la plateforme, tout comme le rendement promu et le montant minimum d’investissement. Le schéma consistant à affirmer vers l’extérieur davantage de sécurité que ne le soutiennent les propres documents de l’entreprise se répète.
Résumé de la Revue 7Harvests
7Harvests se présente comme une alternative suisse fiable aux plateformes P2P établies. Après un examen plus attentif de ses propres documents, cette image se nuance toutefois nettement.
Deux points ressortent. Premièrement, le siège. Le choix d’une AG suisse sans lien apparent avec le marché suisse suit le même schéma déjà documenté sur ce blog avec Maclear. En tant que pays hors UE, la Suisse n’est pas soumise au Règlement Européen sur le Financement Participatif, de sorte qu’une adhésion à une organisation d’autorégulation couvrant les questions de blanchiment d’argent prend la place d’une véritable licence assortie d’une supervision, d’exigences de fonds propres et d’obligations d’information des investisseurs. Chez 7Harvests, même cette adhésion n’est jusqu’à présent qu’une demande, alors que la page d’accueil affiche déjà « Swiss regulated ».
Deuxièmement, la personne à la tête. En Ričardas Vandzinskas, la plateforme est dirigée par la même personne sous la direction opérationnelle de laquelle Hive5 a connu des déclarations publiques trompeuses sur la rentabilité, des avis Trustpilot achetés et des actions en justice contre une couverture critique, le tout documenté.
Aucun de ces points ne signifie nécessairement que 7Harvests échouera. Ensemble, ils produisent toutefois un profil de risque qui exclut une promotion active à l’heure actuelle. Les investisseurs qui souhaitent suivre la plateforme de près devraient surveiller trois choses : La clarification du statut VQF, la qualité des sûretés des projets financés et la publication d’une page de statistiques du portefeuille.
Alternatives à 7Harvests
Voici trois alternatives à 7Harvests sur le marché P2P actuel.
Crowdpear : Une plateforme de financement participatif basée en Lituanie et titulaire d’une licence ECSP de la Banque de Lituanie. Comparé à 7Harvests, Crowdpear propose un modèle de financement de projets similaire, mais dans le cadre réglementaire du Règlement Européen sur le Financement Participatif et avec des prêts garantis par hypothèque. Plus d’informations dans mon avis Crowdpear.
LANDE : Un prestataire letton titulaire d’une licence ECSP de la Latvijas Banka, spécialisé dans les prêts agricoles. Les prêts sont garantis par des terres, des récoltes ou des machines, ce qui rend le concept de sûreté nettement plus clair pour les investisseurs que les dispositifs de caution dépendant de chaque projet. Plus d’informations dans mon avis LANDE.
Nectaro : Un marketplace P2P régulé basé en Lettonie, opérant sous la réglementation MiFID II et soutenu par un groupe internationalement établi. Nectaro s’adresse aux investisseurs souhaitant combiner des perspectives de rendement attractives à deux chiffres avec un profil de risque maîtrisé. Plus d’informations dans mon avis Nectaro.
Vous pouvez trouver d’autres alternatives sur la page Comparaison Plateformes P2P.
FAQ 7Harvests Avis
Non, du moins pas au sens d’une surveillance financière. L’adhésion à l’organisation suisse d’autorégulation VQF n’est, selon le propre site de la plateforme, qu’une demande en cours. Même une fois accordée, elle ne couvrirait que les obligations de diligence contre le blanchiment d’argent et n’offrirait aucune protection aux investisseurs. Il n’existe aucune licence ECSP au titre du Règlement Européen sur le Financement Participatif.
La plateforme est exploitée par 7 Harvests AG, dont le siège est à Zoug. Le fondateur et président est Ričardas Vandzinskas, auparavant cofondateur et PDG de la plateforme P2P Hive5. La répartition exacte de l’actionnariat n’est pas rendue publique.
En tant que pays hors UE, la Suisse n’est pas soumise au Règlement Européen sur le Financement Participatif (ECSPR). Les plateformes ayant leur siège social en Suisse peuvent ainsi contourner les exigences de fonds propres, la supervision continue et l’information standardisée des investisseurs. Le même schéma a déjà été documenté sur ce blog avec Maclear.
Les conditions générales définissent la garantie de rachat comme une obligation d’un prêteur après 60 jours de retard. Comme 7Harvests accorde elle-même les prêts et qu’aucun prêteur indépendant n’est intercalé, cette promesse retombe sur la plateforme elle-même. Une couche de protection supplémentaire au niveau de la plateforme est promue, mais n’est étayée par aucun chiffre publié.
Le site web affiche des rendements à partir de 15 %. Les conditions générales juridiquement contraignantes, en revanche, plafonnent le taux d’intérêt à 12 % maximum. La borne inférieure annoncée et la borne supérieure contractuelle ne se recoupent donc même pas. Le montant minimum d’investissement diffère lui aussi entre le site web (50 €) et les conditions générales (500 €).
Compte tenu de l’absence de réglementation, du siège suisse comme contournement probable du Règlement ECSP, des informations contradictoires entre le marketing et les conditions contractuelles, ainsi que du parcours du fondateur chez Hive5, je déconseille actuellement d’investir.
Je suis Denny Neidhardt, le fondateur de *re:think P2P*, où j’aide les investisseurs particuliers à prendre des décisions plus intelligentes et fondées sur des recherches dans le domaine des prêts P2P. Depuis 2019, je publie des analyses approfondies, des évaluations de plateformes et des études de risque pour apporter plus de transparence à cet univers d’investissement. Mon objectif : remettre en question les promesses marketing, analyser les évolutions du secteur et fournir aux investisseurs des informations honnêtes et indépendantes.





